Histoire Lycée Montesquieu
06/01/2012 03:09 par khagnealbret
Fiches Pierre Langlet, source : Lakanal
08/11/2011 18:32 par khagnealbret
Fiches Pierre Langlet, source : Lakanal 08/11/2011 18:32 Pierre Langlet Histoire des populations de l’Europe II. La révolution démographique, 1750-1914 J.P. Bardet et J. Dupâquier Plan : I. Une Europe transformée * A) Essor démographique et autres mutations 1) Des causalités incertaines 2) Entre le biologique et le social 3) Une singularité française ? B) Le fait de la croissance 1) Davantage de pain 2) Moins de massacres 3) Un tiers de l’humanité C) Démographie et reclassement des puissances en Europe 1) Déclins et illusions 2) De nouveaux équilibres 3) Poids des hommes et géopolitiques nouvelles II. De l’arithmétique politique à la statistique III. Le recul de la mortalité * A) Le recul de la mortalité « ordinaire » 1) Le constat 2) Tendances à long terme de la mortalité 3) Évolution de la mortalité par âge 4) 1790-1830 : première étape du recul de la mortalité, une évolution convergente 5) 1830-1880 : deuxième étape, un recul inégal de la mortalité par âge 6) 1880-1914 : troisième étape, la baisse devient générale 7) L’hypothèse climatique B) Les épidémies 1) Des approches nouvelles 2) La disparition de la peste 3) L’arrivée du choléra 4) La quasi-éradication de la variole 5) La tuberculose, la syphilis et les autres épidémies IV. Permanences et changements de la vie familiale V. Nouvelles attitudes devant la vie : la limitation des naissances * A) De la fécondité naturelle à la transition démographique 1) Mesurer la limitation des naissances 2) Le monde immobile de la fécondité naturelle B) Les précurseurs 1) Les élites sociales et culturelles 2) De la ville au village C) La généralisation 1) Les pays et les provinces 2) La théorie de la transition démographique en question 3) Les facteurs du recul de la fécondité 4) Conclusion : la fécondité européenne au début du XXe siècle VI. La progressive mutation des structures VII. Une nouvelle distribution des populations : villes et campagnes * A) Le XVIIIe siècle : la rupture consécutive à la révolution industrielle anglaise 1) Une vue globale du XVIIIe siècle européen 2) Une grande masse de petites villes, mais une majorité de citadins vivant dans de grandes villes 3) L’impact de la révolution industrielle anglaise B) Le blocage de l’urbanisation de l’Europe continentale 1) Histoire individuelle des villes C) Le XIXe siècle : une période charnière entre une Europe rurale et une Europe urbaine 1) L’industrialisation, principal moteur de l’urbanisation au XIXe siècle 2) Des villes industrielles différentes de celles des sociétés traditionnelles 3) Des villes près des bassins charbonniers 4) Et les chemins de fer ? 5) Les coûts humains de l’urbanisation liée à l’industrialisation 6) L’impact des migrations internationales 7) 1800-1950, une Europe à deux vitesses 8) 1850-1913 : La génération de l’urbanisation 9) L’histoire individuelle des villes au XIXe siècle 10) La fin du phénomène de régression des villes 11) L’ère des mégalopoles VIII. Migrations et mobilité de la population en Europe à l’époque de la révolution industrielle IX. La France en déclin * Le déclin de la France en Europe A) De lentes transformations 1) Une croissance modérée 2) La tardive transformation de la répartition du peuplement 3) Les limites du changement : l’enracinement rural 4) Une urbanisation hésitante 5) Migration et urbanisation 6) La lente transformation des structures de la population active B) Une singulière transition démographique 1) Le lent recul de la mort 2) Les trois étapes du déclin de la fécondité 3) Une géographie de la fécondité 4) Famille et fécondité 5) Opinion et fécondité 6) Conclusion X. Les îles britanniques * A) La population anglaise de 1700 à 1914 1) Un temps de croissance 2) Fécondité, mortalité et nuptialité 3) L’explication économique et ses limites B) L’Écosse 1) Le contexte 2) Croissance et répartition de la population 3) La mortalité 4) Émigration et rapport de masculinité 5) Nuptialité et fécondité C) L’évolution démographique de l’Irlande de 1700 à 1900 XI. Les Pays-Bas XII. Les pays nordiques de 1720 à 1914 XIII. La grande mutation de la population allemande * A) Le repeuplement de l’Allemagne au XVIIIe siècle 1) Récupération et croissance 2) Mesurer et peupler 3) Surpeuplement et migrations 4) Démographie et société 5) Régime démographique B) Archaïsme et modernisme de l’Allemagne (1815-1870) 1) Croissance démographique et urbanisation 2) La déstabilisation de la société allemande 3) Les deux premières vagues migratoires 4) Le régime démographique C) L’Allemagne au faîte de sa puissance (1871-1914) 1) Les divers aspects de la croissance 2) La grande mutation de la société allemande 3) La fin de l’émigration 4) L’extrême mobilité de la population allemande 5) Seconde étape de la transition démographique XIV. L’Europe centrale XV. Les Balkans XVI. L’Europe orientale XVII. L’Italie XVIII. Le monde ibérique Fiche : I. Une Europe transformée * A) Essor démographique et autres mutations 1) Des causalités incertaines Incertitude quant aux causalités entre aspect économique, démographique, étatique, etc. Comment expliquer les différentes mutations parfois appelées « révolutions » ? Peu de certitudes, sinon celle de nombreuses « micro améliorations » selon l’expression de P. CHAUNU dans La civilisation de l’Europe des Lumières, qui constituent par leurs interactions et leur expansion des « révolutions ». L’augmentation de la population au XVIIIe siècle a pu constituer un élément incitatif au développement de l’offre alimentation qui a son tour a permis, en nourrissant mieux et plus de monde, le développement d’une production proto-industrielle, voire usinière, sources de profits nouveaux. 2) Entre le biologique et le social Les variations climatiques et les échanges influent sur les épidémies et les bactéries. En 1832, le choléra arrive d’Orient par les navires marchands et trouve son lieu de prolifération dans l’insalubrité des villes haussmanniennes débordées par les flots de migrants. Il touche tout le monde, opulents tel Casimir Perier, ou gens du peuple qui restent néanmoins les plus touchés. La statistique fait apparaître le concept de « mortalité social » et les enquêtes scientifiques, comme avec Villermé en 1840, se systématisent. La tuberculose, le « mal du siècle, emporte Chopin et le cimetière de Leysin en Suisse où venaient nombre de poitrinaires d’Europe montre l’inefficacité des mesures prises pour sauver les malades. On envisage désormais les facteurs économiques et sociaux dans leur influence sur la mortalité. 3) Une singularité française Le taux de natalité en France est très tôt inférieur à la moyenne européenne. Il peut s’agir, selon Le PLAY, d’une volonté de protéger les patrimoines issue d’un individualisme, de l’autorisation du divorce et du partage égalitaire des successions. Mais cela peut également se trouver dans une continuité avec le début du XVIIIe siècle, ainsi qu’être une conséquence de la déchristianisation progressive, comme peut le montrer les différences européennes, voire régionales avec l’Ouest de la France resté « fidèle ». B) Le fait de la croissance Disparition, après quatre siècles de ravages,de la peste en Europe, recul de la variole, mais propagation de la tuberculose et du choléra. Les progrès de la science, de la connaissance et du traitement des épidémies reste néanmoins évident, avec Pasteur, Koch ou Jenner. 1) Davantage de pain Généralement, l’augmentation de la production agricole, les quelques plantes nouvelles, l’extension des espaces cultivés, puis les engrais et les progrès du transport en masse de denrées permet peu à peu de régler le problème de l’alimentation, et ce malgré une population croissante. Les crises font ainsi peu à peu figure d’exception : les forties en Irlande sont l’ultime retour en Occident de la famine et a entraîné le libre échange en Angleterre avec l’abolition des corn laws pour assurer le pain à bon marché. Les crises frumentaires disparaissent, sauf dans des systèmes agraires archaïques comme en Russie, en 1891. La nourriture se diversifie, même si les céréales gardent une place privilégiée, en France avec le pain sacralisé et qui constitue en même temps un baromètre social, ailleurs avec la pellagre, maladie de carence due à la consommation trop exclusive de la polenta de maïs. Les villes diffusent un modèle alimentaire plus riche, plus équilibré, mais aussi plus coûteux. L’hygiène même des aliments s’améliore, les villes essaient de contrôler l’abattage de viande, la pasteurisation se généralise, l’eau potable. Mais beaucoup reste à faire : le lait reste un facteur de décès des nourrissons en période estivale. 2) Moins de massacres Les guerres elles-mêmes sont moins fréquentes au XVIIIe siècle, mais les nombreux conflits, napoléoniens en particulier, du XIXe siècle provoquent de nombreuses pertes chez les militaires et des massacres apparaissent ponctuellement, telles les « Horreurs bulgares » selon le pamphlet de Gladstone où 15 000 Bulgares sont massacrés par la répression turque en 1876. Mais la mortalité baisse malgré tout et le XIXe siècle reste un siècle de paix. 3) Un tiers de l’humanité À cette baisse de la mortalité s’ajoute le même taux élevé de naissances qu’au temps du renouvellement des générations. Ainsi, en deux siècles, le nombre d’Européens a quasiment triplé, et ce sans tenir compte des près de 500 millions d’Européens émigrés définitivement à travers le monde. C) Démographie et reclassement des puissances en Europe 1) Déclins et illusions Difficultés françaises dans ses rivalités avec le reste de l’Europe. La démographie chute rapidement par rapport à celle des autres pays et ce sans que les Français en prennent conscience. 2) De nouveaux équilibres 3) Poids des hommes et géopolitiques nouvelles Avec la diffusion des connaissances statistiques, effectifs de population, densités, nombre annuel de naissances deviennent des données courantes exploitées par les politiques ou les théoriciens. L’allemand Ratzel, en comparant chaque État à « un être vivant qui grandit » et en lutte avec ses voisins, introduit le darwinisme dans l’étude socio-politique. II. De l’arithmétique politique à la statistique III. Le recul de la mortalité * A) Le recul de la mortalité « ordinaire » 1) Le constat Au XIXe siècle, la baisse de la mortalité se généralise en Europe grâce aux premiers progrès importants de la médecine et de l’hygiène publique. Mais cette stabilité n’est pas évidente, et E.A. WRIGLEY et R. SCHOFIELD ont montré dans The population History of England, 1541-1871 que l’espérance de vie à la fin du XVIe siècle en Angleterre est au même niveau qu’au XIXe siècle. Reste que la mortalité diminue, mais les raisons restent source de débat. Pour T. Mac KEOWN, le recul de la mortalité résulte d’une amélioration générale de l’état de santé des populations, due à une meilleure alimentation qui aurait permis d’accroître la résistance aux maladies infectieuses. J. KOMLOS, en étudiant des données anthropométriques relevées dans cinq provinces de la monarchie des Habsbourg, montre la complexité des liens entre nutrition, immunité et infection. Il montre la multitude des facteurs, de même qu’il infirme la pertinence de la prise en compte de la taille à partir de l’exemple de l’Autriche où la taille des générations baisse entre 1750 et 1790, alors qu’elle avait augmenté durant la période de crise de subsistance de 1730-1740. L’influence des progrès médicaux reste minime, hormis la pasteurisation, l’amélioration de l’approvisionnement en eau, la découverte, dès 1796, de la vaccine par Jenner… La lutte contre les maladies reste médiocre avant le XXe siècle, mais J.C. RILEY montre dans son article « Insects and the European Mortality Decline » in American Historical Review n°91 de 1986 que la théorie des miasmes et les théories aéristes ont, par leurs mesures préconisées, assaini l’air, les eaux stagnantes — en particulier par les travaux de drainage — et donc contribué à réduire les épidémies transmises par les insectes. S. SHAMA, dans L’Embarras de richesses : une interprétation de la culture hollandaise au Siècle d’Or, montre que les lois diététiques et les purifications rituelles des Juifs, de même que l’idéologie de la propreté chez les Hollandais, ont en partie protégé les populations face aux contaminations. Les comportements individuels ont également joué, comme laver les nourrissons à l’eau froide et ne pas les couvrir, ce que préconisaient les médecins afin de les endurcir, mais qui a en fait diminué leur probabilité de survie. En outre, les croyances, superstitions, valeurs morales et comportements personnels à l’égard des maladies influent sur la mortalité et la morbidité, et les variables sont nombreuses entre États, régions, etc. 2) Tendances à long terme de la mortalité Le taux de mortalité varie en permanence, sans qu’une tendance uniforme puisse se dessiner d’un pays à l’autre. En Angleterre, la dernière crise grave remonte à 1729, alors qu’en France, les crises restent fréquentes aux XVIIIe et XIXe siècles, mais avec une ampleur allant decrescendo. Mais, dans les pays scandinaves, en particulier la Norvège et la Finlande, les crises sont toujours aussi, voire plus importantes, avec, pour le régime archaïque de Finlande, un taux de 78 ‰ en 1868.En Suède, l’épidémie de 1773 provoque un surcroît de mortalité de 80 %. Mais la baisse tendancielle de la mortalité est réelle, bien que discontinue et irrégulière. Elle ne dépend pas de la conjoncture économique, ou peu, et la mortalité a baissé de 15 % en Angleterre et en Suède entre 1750-1750 et 1830-1839, contre 30 % en France qui se rapproche ainsi du taux anglais. Le mouvement de baisse qui commence en 1790 est général et de vitesse similaire dans tous les pays, et ce malgré des environnements politiques, économiques et sociaux profondément dissemblables. Ce mouvement ralenti et stagne entre 1830 et 1870-80 — à des moments différents selon les pays —, avant d’accélérer à nouveau sans s’interrompre, en particulier avec les découvertes de Pasteur. La transition d’Europe méridionale ne s’est quant à elle amorcée que dans la deuxième moitié du XIXe siècle. La stagnation occidentale après 1830 est souvent expliquée par la détérioration des conditions de vie et de l’environnement due à l’industrialisation et à l’urbanisation. 3) Évolution de la mortalité par âge L’espérance de vie augmente globalement, en particulier pour les nourrissons et les enfants et, dans une moindre de mesure, pour les adultes de plus de 40 ans pour qui l’espérance de vie augmente beaucoup plus lentement. 4) 1790-1830 : première étape du recul de la mortalité, une évolution convergente En Suède, la mortalité féminine surtout baisse et explique la baisse du taux de mortalité, tandis qu’en France, la mortalité masculine est la principale à baisser. Pour les enfants, les deux courbes sont similaires. Les mêmes tendances se retrouvent en Allemagne, en Suisse, tant à Genève que dans d’autres régions. L’évolution est généralement la même en ville et à la campagne. Pour les enfants entre 1 et 4 ans, la baisse de la mortalité s’explique par la vaccination contre la variole qui était cause de 25 % des décès à cet âge. Mais cela n’explique pas la baisse du taux de mortalité chez les enfants de moins d’1 ans et chez ceux de 5-9 ans, beaucoup moins touchés par la maladie. En outre, le vaccin n’était pas encore systématique au XVIIIe siècle. Mais il semble que la maladie ait muté à cette époque en une forme moins virulente qu’auparavant, en particulier à la fin du XVIIIe siècle. En effet, en Suède, les taux de mortalité variolique ont baissé de moitié entre 1770 et 1880, puis des deux tiers dans la décénie suivante, alors que la vaccination n’en était qu’à ses débuts. On constate la même chose en Angleterre et en Finlande. La baisse de la mortalité est également explicable par les facteurs biométéorologiques, avec une baisse de l’écart thermique entre été et hiver en Europe de l’Ouest, ainsi qu’une résistance accrue face à des maladies moins virulentes. Les années d’été frais voient une baisse des courbes de variole et de la mortalité des enfants alors nés en hiver, conséquence des deux. 5) 1830-1880 : deuxième étape, un recul inégal de la mortalité par âge À partir de 1850, l’industrialisation est tenue pour responsable de la nouvelle augmentation du taux de mortalité infantile. En effet, le travail féminin augmentant, l’allaitement des enfants s’en serait trouvé altéré. Ainsi, dans les cantons textiles du nord de la France, A ; LESAGEDUGIED montre, dans « La mortalité infantile dans le département du Nord de 1815 à 1914 », que la mortalité infantile se situe, vers la fin du XIXe siècle, entre 200 et 250 ‰ dans les cantons textiles, contre 130 ‰ dans les cantons miniers et métallurgiques voisins. Mais l’allaitement ne peut être considéré comme la seule cause, d’autant que les différences traditionnelles et culturelles continuent à être manifestes dans ce domaine. Le biberon se généralise au XIXe siècle, ce que déplorent les médecins et les commissions médicales. L’expansion des villes est également très importante, avec, en 1850, 16,4 % de la population européenne qui vit dans des villes de plus de 5 000 habitants, 23,5 % en 1880 et 33,2 % en 1900 selon les statistiques de P. BAIROCH dans « Population urbaine et taille des villes en Europe de 1600 à 1970. Or, la ville peut, dans certains cas, être un facteur de mortalité infantile. Ainsi en Belgique, vers 1890, la mortalité infantile dans les grandes villes dépasse d’un tiers celle des communes rurales. Mais les différences dans le temps et dans l’espace, entre pays, régions, petites et grandes villes, s’expliquent en partie par les conditions climatiques variables. La mise en place de différentes politiques sanitaires permet de faire reprendre la baisse amorcée, mais les différences entre les âges, en particulier chez les adolescents moins touchés par la détérioration des conditions de travail, d’existence et d’habitat, par rapport aux autres, laisse suggérer une situation beaucoup plus complexe. 6) 1880-1914 : troisième étape, la baisse devient générale La transition sanitaire commence véritablement pour les pays d’Europe méridionale et orientale. Vers 1880, la durée de vie moyenne est de 50 en Suède et Norvège, contre 28 en Russie, 34 en Italie et 38 en Allemagne. En 1910, elle est de 48 en Allemagne et 45 en Italie, contre 57 ans en Norvège et 56 en Suède. En France, l’espérance de vie est de 44 ans en 1880 (41 ans pour les hommes et 47 ans pour les femmes) et de 50 ans en 1910 (48,5 ans pour les hommes, 52 ans pour les femmes). La réduction de la mortalité est surtout manifeste chez les enfants et les jeunes adultes. À ce titre, la décennie 1895-1905 représente un tournant en Europe. Le déclin est seulement interrompu en 1911, en raison d’un été particulièrement chaud qui augmente la moralité infantile de 40 % en un an, par les différentes diarrhées et entérites. Si le recul est général en Europe, cela est moins clair lors de comparaisons régionales. En Autriche, dans les régions alpines, P.P. VIAZZO, montre que la mortalité infantile stagne entre 1830 et 1880 et ne baisse que modérément jusqu’en 1910. Mais la mortalité y été déjà moins forte qu’en régions non alpines. Au contraire, le reste du pays voit une baisse importante et tout le long de la période. Catherine ROLET, dans La Politique à l’égard de la petite enfance sous la IIIe République, écrit que : « la fin des années 1880 représente, dans de nombreux pays européens, un tournant dans le domaine de la nutrition infantile ». Par la stérilisation du lait préconisée par les médecins dès 1892, certes, mais sans doute pour d’autres raisons, puisque la baisse se remarque dans d’autres pays fonctionnant avec d’autres systèmes. La mortalité infantile baisse tout autant mais est moins élevée en Angleterre qu’en Italie, mais la tuberculose y sévit beaucoup plus, conséquence pour G. CASELLI des conditions d’environnement, de travail et de logement. Globalement, le concept de complexes socio-pathogènes développé par V.P. COMITI permet une approche des interactions entre milieu naturel, conditions environnementales, comportements collectifs et pathologiques, qui peuvent être en concurrence comme le sont les populations humaines et virales. 7) L’hypothèse climatique Son influence est évidente à court terme, mais beaucoup moins à moyen terme, sur les paramètres démographiques. Étonnamment, les périodes de froid sont des périodes de recul de la mortalité. Au XVIIIe siècle, plutôt frais, les deux périodes de réchauffement 1718-1737 et 1773-1783 marquent une reprise de la mortalité. Au contraire, le tournant des années 1800 marque un refroidissement qui explique en partie le recul de la variole. E. LE ROY LADURIE écrit que « a partir de 1856, au terme d’une dernière grande décennie de fraîcheur (printemps et étés frais ; crises de subsistances ; avance glaciaire ; le tout terminé vers 1855, les choses s’éclairent, et le grand réchauffement s’annonce : une première flambée optimale illumine et réchauffe les paysages climatiques de l’Europe occidentale ». Or, avec ce réchauffement réapparaissent dans un contexte d’urbanisation anarchique le choléra, la tuberculose pulmonaire, la scarlatine, la rougeole, les bronchites, pneumonies et grippes, la variole. En fait, il faut envisager les progrès des années 1900 comme la conjonction de facteurs climatiques favorables et des progrès de l’hygiène publique et privée, sans oublier le rôle de la sélection naturelle. En même temps que la baisse de la mortalité, il faut penser la baisse de la fécondité comme l’expression de la représentation que la société se fait d’elle-même, sans pour autant que cela soit conscient. B) Les épidémies 1) Des approches nouvelles T. Mac Keown met en relief l’influence de la baisse de mortalité sur l’augmentation de la population anglaise grâce selon lui à la meilleure résistance des individus aux maladies, presque exclusivement en raison d’une meilleure alimentation. Mais il méconnaît l’accroissement de la fécondité au XVIIIe siècle, jusque dans les années 1810-1820 en Angleterre. Au delà de ce phénomène, il faut envisager comme raison à la baisse du taux de mortalité et à la raréfaction des épidémies et maladies infectieuses l’adduction d’eau potable, les efforts municipaux en faveur de l’hygiène publique, la modification des comportements individuels (les mains propres). Les épidémies s’atténuent et deviennent plutôt endémiques, mais d’autres maladies émergent. Malgré tout, le nombre de victimes décroît. 2) La disparition de la peste La peste disparaît peu à peu des pays d’Europe de l’Ouest, et d’Europe centrale et occidentale plus tardivement. Les mesures humaines, telles que mises en quarantaine, établissement de lazarets et de cordons sanitaires, ont peu à peu contribué à la disparition de la peste. Il faut également prendre en compte le remplacement du rat noir par le Rattus norvegus qui vit à l’écart de l’homme, ainsi que, plus tôt, le mutant de la peste Yersina pseudotuberculosis, identifié en 1893 par Malassez et Vignal et qui aurait immunisé les rats porteurs contre la peste. 3) L’arrivée du choléra Le choléra touche l’Europe de l’Est à partir de 1829 et s’étend vers l’Europe du Nord-Ouest et du Sud. Les États allemands sont touchés en 1831-1832, l’Espagne et le Portugal en 1833 et la France en 1834. Il réapparaît en 1848, puis 1865, et enfin 1883. Il se diffuse par l’homme, avec les mouvements des armées, les déplacements liés aux relations commerciales, les grands pèlerinages, les exodes massifs et les migrations saisonnières, comme le montrent P. BOURDELAIS et A. DODIN dans Visages du choléra. Si la lutte reste longtemps tâtonnante, il faut remarquer que lorsque Hambourg et Brême sont touchées, cette dernière ne subit que six décès contre autant que lors de toutes les précédentes attaques cholériques à Hambourg, en raison selon R.J. EVANS de la politique municipale, fondée sur le libéralisme à Hambourg. Au contraire, Brême a déjà développé un réseau central de distribution des eaux et le corps médical suit les travaux de Koch, d’où l’organisation d’un lazaret et le contrôle bactériologique des voyageurs. Psychologiquement, les épidémies sont un choc. Mais l’impact démographique reste limité, car elles restent ponctuelles. Les pertes locales peuvent être plus élevées, comme dans le quartier parisien de la Cité avec 10 % de pertes, mais toujours courtes. Dans les autres pays européens, le nombre de morts du choléra n’a pas dépassé quelques centaines de milliers. Parmi les personnes atteintes, se sont principalement les jeunes et les personnes âgées qui meurent et l’écart entre classes sociales est moindre. La principale conséquence est le gain de crédibilité et d’influence des hygiénistes, d’où l’accélération de la lutte contre l’insalubrité des villes : enlèvement régulier des immondices, couverture des égouts, distribution d’une eau filtrée et remise en état des logements insalubres. Haffkine met au point le vaccin contre le choléra en 1892 et la population prend des réflexes d’hygiène, d’où la disparition du choléra en Europe.
Fiche de lecture de Fabien- Histoire
10/10/2011 22:28 par khagnealbret
La santé et le travail Denis Duclos
-Les premières grandes luttes ouvrières insistent d’avantage sur le salaire que sur les conditions de travail.
-Les ateliers de tissage à Lyon entraînent de véritables « massacres » à cause de la tuberculose.
-Malgré la loi de 1841, en 1847, un ouvrier sur neuf est encore un enfant.
-La seconde moitié du dix-neuvième siècle est marquée par la régularisation étatique du système capitaliste.
1815 : Surveillance de la salubrité des usines par des conseils départementaux de salubrité.
1841 : Le travail des enfants de moins de huit ans est interdit dans les fabriques de plus de 20 employés, et limité à 8h00 pour les enfants de 8 à 12 ans.
1848 : L’horaire normal est limité à 12h00 dans les manufactures.
1864 : Le droit d’association est donné aux ouvriers.
1866 : création de la « Caisse des invalides du travail » alimentée pour un cinquième par les salariés et pour le reste par les employeurs.
1868 : création d’une caisse d’assurance-accidents.
1874 : L’inspection du travail est créé, la durée du travail des femmes est limité et interdit le travail des enfants de moins de 13 ans.
1884 : Autorisation des syndicats.
1892 : Le travail est limité à 10 heures pour les enfants de 13 à 16 ans. L’inspection du travail devient un corps d’Etat.
1893 : Loi sur l’hygiène et la sécurité dans les établissements industriels.
1898 : Loi sur les accidents du travail.
1906 : création du ministère du travail.
1919 : Loi sur les maladies du travail (création des tableaux).
Silicose : maladie typique du mineur, résulte de l’incrustation de particules de poussières minérales dans les poumons, entraînant une réduction irréversible de la capacité respiratoire. Le terme plus général pour ce type d’imprégnation pulmonaire est « pneumoconiose ».
Brucellose (fièvre de Malte) : Infection bactérienne affectant les métiers de la viande (abattage, éleveur, vétérinaire). Elle peut devenir chronique.
Hygromas du genou : déformation osseuse due au travail agenouillé (mines, bâtiments).
Sidérose : pneumoconiose due à l’inhalation de fumées d’oxyde de fer.
Saturnisme : l’ingestion de plomb peut endommager définitivement les reins et entraîne le delirium, des convulsions, le coma et la mort. Elle provoque des coliques et de sérieux troubles digestifs.
Fabien
Message de bienvenue
10/10/2011 22:21 par khagnealbret
Ô grands, Ô illustres, Ô sublimes Gniackeux !
Un ptit blog rien que pour nous pour faire passer les messages les plus urgents, et surtout les cours et notes de cours qui pourraient être utile à tous.
Si vous avez un souci,n'hésitez pas à m'en faire part. J'essayerais de regler ça.
D'autre part, lorsque vous avez un article à faire paraître, envoyez le moi sur ma boîte mail.
Bonne année !
Madeleine
